Le petit bonhomme au chapeau me dévisage. Que peut bien-t-il tourner dans sa tête ?Deux jeunes bergers au pied de la tente. La photo est floue, le regard perçant.Nos cuisiniers, nos amis. 20 ans après, on pense toujours à eux.Le musicien aveugle de Cusco.Il fait un froid de gueux. La grande fille et son petit frère sont venus dire bonjour. Ils ne repartiront pas sans rien.Un match de foot avec nos amis, à 3900m, ça vous calme très vite.Je l’ai surprise en arrivant discrètement. Elle ne bouge pas. Le chien se cache derrière sa patronne, avec raison, sans doute.Elle me montre fièrement son agneau alpaga. Le temps s’arrête.Contre les jupes de sa maman. Dans 2 secondes, elle va se pencher sur lui et lui moucher le nez.Notre équipe, au dernier col. La séparation va être dure, on le sent bien.Le corniaud lorgne le petit pain qu’on vient de donner à la petite fille. On se regarde. Un ange passe.Elle n’ose pas lever la tête vers moi. La scène est biblique.Je lui ai donné un crayon et un petit carnet. Elle les cache sous son gilet, perplexe.Nos guides et porteurs: de solides gaillards.Subsister, éduquer à la vie.Une baba-cool et une locale se dévisagent. Le courant passe-t-il ?Rencontre d’un jeune couple de bergers. Comme un premier matin du monde.J’ai donné à la petite un de mes bonnets de la Transjurassienne. Se souvient-elle de moi, de nous ?J’ai essayé de suivre une vielle péruvienne qui montait au col, d’un pas rapide. Sans succès. Une heure plus tard, elle avait disparu à mes yeux.Elle m’observe de loin, et pose comme une reine.En montant seul au dernier col, j’ai croisé le vieux berger. Il est reparti avec mon paquet de tabac et une pochette de papier Zig-Zag.Au pied de l’Aussengate, à près de 5000m, l’accueil est royal. On est loin, bien loin de Versailles.Il a enfin bien voulu poser pour moi. Ça n’a pas été du gâteau, il avait peur de l’appareil.En descendant du glacier, le petit était secoué comme un hochet. Finalement, il s’est endormi.Au dernier village traversé, on leur à donné tout ce qui nous restait au fond de nos sacs.